Interview David – lejapon.fr

こんにちは、ダヴィッドさん。お忙しいところインタビューにお答えいただきありがとうございます。では、まず初めにダヴィッドさんが日本で暮らすことに至るまでの経緯をお教えていただけますか? 私は独立する前アートディレクターという仕事をしていました。そこでは、テレビ、写真、特にウェブなど様々な分野での仕事を始めた時でもありました。

Bonjour David et merci de nous donner de ton temps en cette période difficile. Pour commencer doucement peux tu nous dire ce qui t’a amené à venir vivre définitivement au Japon?

J’étais directeur artistique avant de devenir indépendant. Là j’ai commencé à travailler dans différents domaines comme la télé, la photographie et surtout le web. Au début je voulais partir en chine mais ce n’était pas aussi ouvert que maintenant. Puis j’avais un ami qui était marié à une japonaise qui m’a proposé de tout m’organiser pour que je vienne au Japon. J’ai dit « Banco ». Comme j’étais indépendant j’ai pris un mois de vacances et là ça a été le véritable coup de foudre. Je voulait revenir mieux équipé en materiel photo pour pouvoir faire des reportages photos ici. C’était le printemps je suis revenu à l’automne. Cette fois ci j’avais pris deux mois de vacances et j’étais venu avec un des premier reflexes numériques semi professionnel. Je profitais de mes voyages pour prendre un maximum d’images et je les revendaient ensuite à des magazines ou dans les créations pour mes clients. J’ai commencé une période où je venais environ deux fois par ans au Japon. Un des avantages de travailler à son compte. Je sentais qu’il y avait beaucoup de sujets à traiter autour du Japon bien que je n’étais pas mono-maniaque. C’est aussi à cette époque que j’ai lancé mon site www.lejapon.fr qui était simplement mon book photo mais on m’a demandé plus d’interactivité. J’ai donc tourné ça en blog ce qui était une nouveauté pour l’époque.

Puis le Japon est devenu une activité complète pour moi. Puis il y à 4 ans une entreprise japonaise donc le patron était français m’a contacté pour que je leur fournisse des contenu photos pour les différents site web qu’ils géraient. J’ai commencé à travailler en Free-lance mais entre temps je me suis marié et j’ai eu un enfant. Cela devenait difficile de faire des allés retours alors je lui ai proposé de me prendre comme salarié au Japon et j’ai ainsi pu venir m’y installer.

La première fois que tu est venu au Japon tu dit avoir eue un coup de foudre. Est-ce que tu t’est dit que tu devait rester à tout prix au Japon?

Non pas vraiment, je n’ai pas idéalisé comme certaines personnes. J’ai eue cette période quand j’étais ado. J’avais un fanzine sur le Japon à l’époque où le seul magazine sur le Japon était Anime Land. Ils avaient d’ailleurs publier mon premier Fanzine dans leur rubrique fanzine. C’était imprimé à la photocopieuse en noir et blanc c’était vraiment génial. Puis en 96 j’avais commencé à le faire en CD rom. Après mon premier voyage c’était devenu une relation professionnelle avec le Japon et l’approche n’est plus la même. Tu sais c’est la règle de 3, il faut venir trois fois au Japon pour savoir si on l’aime vraiment. La première fois on aime toujours, la deuxième fois on se rend compte de la réalité et c’est à la troisième, si on est toujours aussi amoureux qu’on sais si on peu y rester longtemps. On peu dire que certaines personnes perdent la tête en venant au Japon avec toutes les différences de cultures. Moi j’avais la distance du professionnel ce qui m’a peu être évité de trop perdre les pedales. J’ai quand même eue une periode de psychose du tatemae ( fausser ses sentiments par politesse un peu comme de sourire à quelqu’un que l’on aime pas) où je n’avais plus confiance en personne. Mais grace à mes nombreux allé retours j’ai toujours repris pied et évité de situations parfois difficiles que subissent d’autres personnes.

Lors de ton deuxième voyage tu a ouvert ton site www.lejapon.fr maintenant comment définirais-tu ce blog?

Alors je n’ai pas tourné le blog autour de ma personne. Il est simplement personnifié. Et j’ai toujours fait le focus sur le Japon. Je présente pas ma vie. Aussi lorsque je rencontrais des expatriés français instalé depuis plusieurs années ils cherchaient à nous démotiver en ne parlant que du Japon en négatif. Par la suite beaucoup de blogueurs ont ressentis ça comme « C’est mon Japon ne vient pas j’étais là le premier ». Pour moi qui étais là au debuts d’internet, l’internet est un esprit de partage alors que d’autres l’utilisent pour éviter que l’on viennent à notre tour au Japon. Alors que je lisais des choses sur le Japon mon premier choc en venant a été de voir qu’il n’y avais pas que de la ville mais que le Japon est un pays où la nature est très présente. 80% du territoire est occupé par la foret. Je rapproche les bloggeurs qui montre une mauvaise image du Japon de ceux qui disent qu’il pleut tout le temps en Bretagne; comme ça les gens ne viennent pas. Moi je voulais prendre le contre-pied de ces gens là et montrer que c’était facile de venir au Japon (pour y rester c’est une autre histoire) et aussi qu’il y avait beaucoup de choses à voir. Le Japon est tellement varié qu’il est possible de se créer son propre univers et de vivre dans sa bulle. Si tu veut faire un voyage Zen tu peu ne faire que du zen, si tu veut faire un voyage manga c’est possible. Je voulais inviter les gens à venir voir le Japon par eux mêmes. Maintenant je tourne ça plus sur le plan journalistique. J’ai mon troisième livre qui va sortir en France (il est d’ailleurs sortis depuis l’interview).

On dit souvent que la communauté des expatrié français est une sorte de grande famille. Cela n’a il pas posé de problèmes que toi tu débarqué comme ça?

Je me suis rendu compte qu’il y a deux communautés de français au Japon. Il y a ceux qui sont là depuis longtemps qui vont vivre dans leur bulle du coté d’Idabashi. Et il y a ceux qui sont venus avec leur sac à dos. Beaucoup se sont cassé les dents mais d’autres par leur force de travaille ont finis par réussir. Il n’y a pas vraiment d’échanges entre ces deux communautés. Il y a les privilégié et ceux qui galèrent. Malheureusement ce sont les privilégié qui vont avoir les aides de l’état et manger des Rocher Suchards chez l’ambassadeur alors que les autres ne seront mêmes pas invités. Je trouve ça dommage mais il n’y a pas d’entre aide entre les deux communautés. Cela rejoint ce que je disait plus tôt sur les vétérans qui ne veulent pas voir arriver des concurrents potentiels. Tout cela est ridicule parce que plus on est de fou plus on rit.

En ce moment où on parle beaucoup des problèmes d’enlèvements d’enfants dans les couples franco-japonais dont deux mariages sur trois se finissent en divorce. La femme prend les enfants et retourne dans sa famille au Japon où Japon il n’existe pas de droit de visite. Dans ces moments là on à besoin de l’aide de toute la communauté et malheureusement par la faute des petits clan l’aide ne vient pas souvent.

Nous avons vu que tu faisait de la photo, du journalisme via ton blog et que tu publiais des livres. Il me semble que tu a un autre projet en ce moment.

Dans la continuité de mon travaille au Japon j’ai lancé des programmes de safaris photos « Tokyo Safari« . Je propose à ceux qui ont découvert le Japon de decouvrir une nouvelle image de celui-ci. Pour voir un village avec sa vie particulière au milieu des buildings. Puisque maintenant les agences de photos subissent de plein fouet le fait qu’un particulier peu s’équiper d’un reflex numérique et prendre des photos de qualités, j’ai cherché un autre chemin. Ce chemin c’est d’entrainer les gens à profiter de mon expérience de photographe et faire de l’expressions visuel à Tokyo.

Tu à déjà sortis deux livres de photo : Japon et Traditionnel Japon (à l’époque de l’interview).

Ce sont de grands et beaux livres qui font d’excellents cadeaux. Ils proposent une vision très naturelle du japon contemporain. Ce sont surtout des photos que toi même tu peu faire. Je dirais que c’est du leché naturel. Loin de ces photos qu’il faut plusieurs mois ou même des années à prendre. J’ai par exemple essayer des dizaines de fois de prendre une parfaite photo du mont Fuji mais je n’y suis jamais arrivé.

Mon second livre Traditionnel Japon propose un retour à l’ère Meiji (1868 – 1912) après la fin du Shogunat et l’ouverture du pays. Avant il n’y avais qu’un appareil photo dans tout le Japon; à Nagasaki. Des étranger ont amené des appareils photos et voulaient montrer le fantasme de ce Japon qui a été preservé pendant pres de 200 ans. Ils vont donc prendre plein de photos mais souvent arrangées. Moi je ne suis pas historien alors ce que j’ai proposé à mon éditeur c’était de proposer un voyage dans ce Japon d’entant avec des photos d’aujourd’hui prises avec la fibre de l’époque. Ce qui est interessant dans mon nouveau livre c’est que si on compare les anciennes photos avec celles que j’ai prises, on retrouve presque les mêmes choses.

Mon nouveau livre sera dédié aux uses et coutumes du Japon d’aujourd’hui (Japon 365 : Us et coutumes). Malheureusement de nos jours beaucoup de pratiques se perdent mais je traite des coutumes qui survivent encore de nos jours. Je pense qu’on a souvent peur du changement mais selon moi ce n’est pas une chose si mauvaise. Pour mon nouveau livre je lis un livre d’un français qui était venu au Japon dans les années soixante-dix. Et il raconte que ses amis sont très gèné par les grèves, les barricades et les cocktails molotov. Finalement à l’époque de la construction de l’aéroport de Narita c’était cocktail molotov et affrontement avec les CRS. Donc le Japon change, évolue et il ne faut pas forcément s’en plaindre. Les japonais sont aussi très conservateurs de leur culture. Cet été on vois beaucoup de jeunes qui s’habillent en Yukata même dans des quartier comme Shibuya alors que la génération précédente perdait un peu cette culture. C’est assez cyclique mais dans un Japon en constante évolution il y a toujours des periodes où les japonais cherchent à retrouver leur identité nationale.

Toi tu à commencé à voyager au Japon en 2001 environ et maintenant nous sommes en 2010 et beaucoup plus de jeunes étranger viennent avec leur sac à dos et quelques mots de japonais pour se lancer dans l’aventure du rêve japonais. Trouve tu qu’il y ai un changement dans la mentalité des japonais vis à vis de ces étrangers?

Avant c’était plus facile avec les filles (rires). Comme le Yen était très faible il y a quelques années, avec la campagne Yokoso Japan beaucoup sont venu malheureusement sans grand intérêt pour le pays. Finalement avant cela se méritait de venir au Japon et d’un seul coup il y en a plein qui sont arrivé juste pour faire la fête; ils auraient pu allé n’importe où ailleurs. En particulier il y a eu cette histoire au marché du poisson de Tsukiji où des jeunes imbeciles s’amusent à faire du rodéo sur des tons à plusieurs milliers d’euros. Du coup les japonais étaient moins heureux d’accueillir des touristes. Finalement ces gens donnent une image négative des étrangers qui vient se répercuter sur nous. En prenant l’exemple de la photo, avant à Tsukiji je pouvais faire des photos sans problèmes du moment que je ne les gênaient pas dans leur travail. Maintenant je sens une vrai tension et parfois même des comportement agressifs alors que les japonais sont plutôt de nature calme. Mais je les excuses totalement parce qu’il suffit qu’un idiot passe avant et mette le bazar pour que celui qui passe après prenne pour l’autre.

Mais finalement il suffit de sortir un peu des sentiers battus pour retrouver le Japon d’antan. C’est d’ailleurs dans ces endroits que j’emmène mes groupes en safari parce qu’on retrouve les japonais accueillants et curieux qui nous demandent d’où on vient et ce qu’on fait ici. J’ai surtout vécu ça lorsque je faisais un reportage pour la région de Shikoku que j’ai aussi aidé à organiser un concours de bloggeurs pour qu’il puissent gagner un voyage. Lorsqu’à Shibuya tu prend une photo d’une jolie fille à la sauvette tu peu avoir des problèmes. A Shikoku on prend une fille en photo elle va s’arrêter et prendre la pose avec un grand sourire. Cette impression d’être les bienvenu est quelque chose qu’on ne retrouve plus dans certains quartiers de Tokyo. C’est vrai qu’à Tokyo on se croirait dans un zoo avec des guides qui arrivent avec leur armées et mitraillent sans rien demander à personne. Moi avec mes groupes je demande aux personnes qu’ils veulent prendre en photo et souvent elle se laissent prendre de bon coeur. Un jours on avais croisé deux grand mères en kimono alors j’ai arrêté tout de suite mon groupe qui allait shooter et on leur à demandé. Elles étaient très contantes et on à même pris le petit chien.

A cause de ça dans certains quartiers comme Akihabara il suffit de toucher l’appareil photo pour que les maids disparaissent. Il suffit pourtant simplement de leur demander et des fois elles disent « oui » et mettent simplement leur publicité devant elles. Un conseil pour les touristes qui veulent faire de la photo, soyez polit et demandez avant de shooter. Moi ce que je fais souvent c’est que je prend la photo puis je leur montre et leur demande si ça va parce que je n’aime pas qu’ils fassent le peace. Si ils sont d’accord je garde la première photo et j’en fais une deuxième avec le signe de la main sinon je supprime la photo et on en reste là.

As tu des projets pour l’avenir? Compte tu rester longtemps au Japon?

C’est amusant quand les japonais un peu curieux te demandent d’où tu vient. Je leur répond que je viens de Yokohama ce qui les étonnes puis je continu en disant que je viens de France pour les rassurer. La deuxième question qu’ils posent c’est : « tu repars quand? ». On immaginerai pas demander ça à un étranger en France. Quand je leur répond que je ne repars pas ils sont très surpris mais une fois que je leur ai dit que je suis marié à une japonaise et que j’ai un enfant; pour eux cela justifie ma présence ici. Cela doit être plus gênant pour ceux qui ne sont pas mariés.

Je pense que les problèmes arrivent quand on devient vieux. Moi on me dit souvent que mes photos sont interessantes parce que j’ai un regard étranger sur l’exotisme japonais. Mais j’ai un amis qui a 54 ans et qui vie au Japon depuis 1974 à qui on dit toujours ça. Je pense que d’être au Japon depuis très longtemps sans pour autant se sentir intégré dans le pays c’est quelque chose de difficile. On restera toujours des electrons libres. Mais je pense qu’il faut garder notre identité parce que ce sera notre faire valoir. Certains veulent devenir plus japonais que les japonais et finalement ils s’en mordent les doigts. Leur vie sera difficile parce que ce qui fait qu’ils ont leur place dans le pays c’est le fait d’êtres étrangers. Mais on perd un peu de notre attrait pour le pays quand on devient vieux. Et parmi les 12 000 français qui vivent au Japon je ne pense pas qu’on fassent de vieux os au Japon. Quand je discute avec des amis français qui approchent de la retraite ils me disent tous qu’à la retraite il rentrent en France. Heureusement il y a eu récemment un traité Franco-Japonais qui permet de faire valoir ses années de cotisation au Japon en France.

Au Japon il y a 3 retraité pour 1 actif et ils ne veulent pas venir alourdir la facture avec des retraités étrangers. Le problème viendra du fait qu’ils veulent faire venir de jeunes travailleurs mais pas pour qu’ils restent trop longtemps. Je pense que cela va créer quelques problèmes d’ici quelques années. Les japonais aiment bien tout planifier mais malheureusement les étrangers, nous sommes un peu bordéliques et je pense que nous allons mettre un jolie bazar dans leurs plans.

Aurait-tu un conseil pour tout ces français qui rêvent de Japon?

Il faut qu’ils viennent comme on le disait plus tot. J’ai entendu dire que Bastille devenait un petit Harajuku et j’ai emmené des groupes fans de Gothique Lolita à Harajuku qui ont été déçut parce que Harajuku n’est plus aussi branché qu’à une époque. Je pense d’ailleurs qu’il y a plus de personnes déguisé en France qu’au Japon. La France a de toute façon toujours eu un certain retard sur la mode au Japon mais je trouve ça mignon. Finalement lorsqu’ils me demande ce qu’est la mode du moment au Japon je leur dit que c’est la mode occidental. Du coup pour êtres à la mode japonaise il faudrait qu’ils s’habillent en français (rire). Je trouve ça très amusant que les Japonais se mettent à la mode européenne alors que les européens vont vers la mode japonaise.

Ce que je dirais aux jeunes c’est de venir au Japon car ça sera surement une grande desillusion. Mais en même temps libre à eux de créer leur bulle, d’aller dans les quartier qui leur resembles. Même si les Sweet Lolita et les Gothique Lolita sont passé de mode il reste toujours des boutiques et une petit communauté où ils se retrouverons dans leur élément. Cela va leur plaire au non mais qu’ils viennent se faire leur propre opinion. Parler japonais n’est pas indispensable parce qu’avec seulement quelques mots on peu se débrouiller. Un jour j’était perdu dans la campagne de Kyoto et j’ai réussis à m’en sortir avec dix mots de vocabulaires. Mais vraiment venez, vous prenez pas la tête. De toute façon vous inquiétez pas je serais là (rire).

Merci à David pour son temps. Vous pouvez retrouver ses aventures sur son blog lejapon.fr et le suivre sur Twitter

Val est un amoureux du Japon depuis son plus jeune age. Blog master et CEO de l'entreprise éponyme, il passe le plus clair de son temps à développer Shibuya Eki ou à courir à des évènements.
advert

3 Réponses a “Interview David – lejapon.fr” Subscribe

  1. Mikakun 30 mai 2011 a 21 h 38 min #

    Je suis son blog depuis le début ! J’y fais un tour chaque semaine. Un blog génial !

  2. Val 31 mai 2011 a 9 h 21 min #

    Merci beaucoup. Si tu le suis mon blog depuis le debut ça fait déjà deux ans que tu le lis. Ca me fais plaisir de mettre un nom sur ces quelques personnes qui me sont resté fidèles pendant tout ce temps.

  3. courtot 14 juin 2011 a 23 h 07 min #

    salut mon grand continue t es le meilleur!

%d blogueurs aiment cette page :